[*OMG soit Oh my God! Oui, moi aussi je sais parler djeun's]
C’est drôle cette manière que j’ai, en rouvrant enfin la porte de ce blog qui commence sérieusement à grincer, à force d’être inutilisée, de me sentir coupable. De vouloir m’excuser auprès des rares personnes qui, peut-être encore, malgré ces mois de silence, viennent de temps à autres voir si la petite lumière se rallume, s’il y a quelqu’un d’autre que des abonnés absents dans ce coin là. Oh que oui ! Juste que me voici bâillonnée par cette chose qui, apparue depuis près de 7 ans dans ma vie, est en train de vivre ses dernières heures (jours, mois au pire !)…
J’ai nommé la thèse! Et oui, depuis le temps que je la mentionne, l’évoque, la sous-entend ou en parle clairement ici, il n’aura échappé à personne que cette dernière joue légèrement les prolongations. Pire que des tirs au but cette histoire : jusqu’au bout, je tiens mon public en haleine : va-t-elle, va-t-elle pas la finir?
A vrai dire, les quelques mois écoulés, depuis mon dernier passage ici, ont été plutôt rudes. Plein de saveurs aussi, car j’ai réussi à aboutir enfin une partie qui me résistait depuis longtemps et m’obnubilait , au point que, je l’avoue humblement, l’envie de passer derrière les fourneaux avait quelque peu disparue. Et on murmure même que je suis devenue, depuis lors, adepte des pizzas, achetées en bas de chez moi, et partagées sur un coin de table avec ma fidèle bande d’amis, plus que jamais essentielle pour me faire tenir bon durant cet hiver aussi rigoureux que mon travail était âpre. Oui, cette bande de coquins forçait la Turtle à ponctuellement sortir la tête de l’océan de mots dans lequel elle baigne (voire se noie, selon les périodes) depuis ce jour, où, il y a 14 mois environ, elle a entrepris de tout reconstruire.
Allez, venez un peu que je vous raconte, car -sans vouloir me vanter-, je crois bien avoir tout fait pour que même les plus solides des bretons en perdent leur catalan!
Alors, essayez un peu d’imaginer ce que représente le fait de réaliser, arrivée à la page 750 de la fameuse thèse, après 5 années de bons et loyaux services à bûcher sur elle, que l’on a suivi une idée qui s’avère ne pas être la bonne. Reste plus alors qu’à affronter le choix impossible face auquel on se trouve placé : finir en l’état une thèse en laquelle on ne croit plus ou prendre son courage, à deux, voire 4 ou 6 mains, tant on sait qu’il va nous falloir de cran, de temps, de volonté et de foi, pour tout réenvisager autour d’une seconde idée, arrivée un poil à la bourre, mais tellement meilleure que la première…
Ce « Happening » digne des meilleurs thrillers s’est produit à l’automne 2007, et autant vous dire que je me suis alors octroyé deux bons mois de réflexion pour prendre l’une ou l’autre option. Après un séjour éclair à Londres et un Réveillon Breton m’ayant lavés de leur air iodé, j’avais tranché : tout reprendre à zéro !
Vaste projet, qu’il fallait formuler sans trop y réfléchir, car pour être tout à fait honnête, j’étais un poil vacillante en l’initiant. La tempête de la peur n’était pas loin, et, quand, après 6 premiers mois de réécriture, vinrent des semaines de doutes, il n’en fallait pas plus pour me convaincre qu’il était temps, cette fois, d’arrêter. J’en étais arrivée à un point de saturation tel qu’abandonner, pour de bon cette fois, cette maudite thèse qui me coupait tant de la vie qui semblait me narguer à côté, était devenue la seule et unique option. C’est ainsi que durant trois mois, cet été, je me suis retrouvée catapultée dans un monde nouveau, que je parcourais en Turtle libre de thèse.
Libre qu’à moitié, car je devais poursuivre mon bonhomme de vie sans l’avoir vaincue. Et pour une Turtle téméraire comme moi, petit bout de femme ayant passé le plus le clair de son temps, depuis sa petite enfance, à placer sa volonté en étendard, c’était un gage d’humilité bien neuf que d’annoncer à mes plus proches que je renonçais, la fatigue morale et physique s’étant faite si violente que je n’arrivais plus à trouver l’énergie indispensable au projet fou que j’avais formulé.
Mais il est des choix que l’on ne peut totalement admettre, surtout des moments-clés où l’on rencontre LA bonne personne, capable de redonner foi en ce que l’on croit avoir définitivement rayé, et j’ai repris mon attelage. Bête de labeur, j’ai, en 6 mois à peine, réécrit 500 pages… Voilà la raison pour laquelle, bien que ne travaillant pas 24 heures par jour (quoi que cela m’arrive de temps à autres, délais impératifs à tenir obligent!), je suis légèrement mobilisée depuis quelques mois. Car même lorsque je ne suis pas en train de bûcher sur elle, elle mobilise plus que jamais mon esprit et j’avoue n’avoir de répit qu’en passant véritablement à autre chose, i. e. en étant loin de mon ordinateur à écrire.
Le plus gros est à présent fait, mais il me reste encore un bel effort à fournir pour en venir définitivement au bout. Tous les moments comptent. Je traverse des phases durant lesquelles je suis capable d’enquiller les heures de travail, comme, hier, les téquilas. Je me surprends à accepter les temps de récupération vitaux qui succèdent, sans cette maudite culpabilité qui m’empêchait, autrefois, d’accepter le repos. Dans ces moments là, je me tourne vers ceux qui m’entourent, parfois nuit et jour quand il le faut, pour m’aider à fournir les efforts tant intellectuels que psychologiques que suppose le fait, tous les jours où presque, d’abandonner un bout par ci, réécrire un bout par là, dynamiter un pan entier à droite, envisager une cathédrale à gauche sur les décombres. Bref, un travail qui m’apprend, bien souvent dans la douleur (mais je suis rassurée depuis que j’ai lu qu’Yves St Laurent lui-même considérait que le meilleur moment de la création d’une collection était … sa fin!
) , à quel point j’ai de la chance d’être ainsi aimée et entourée.
A tous ceux qui m’accompagnent pas à pas sur ce long et tortueux chemin, je voudrais juste dire combien je les aime, et que surtout, on ne change pas une équipe qui gagne!
Pour mon petit retour ici, j’avais le choix entre tous les plats réalisés ces derniers mois (vous vous doutez bien, quand même, que je ne me nourris pas que de pizzas!). La bûche de Noël, la Galette des rois, les crêpes de la Chandeleur étant un peu has been un 12 avril, j’ai opté pour le plat réalisé pour les 19 ans de ma Ratatouille de petit frère, à sa demande.
Il se souvenait d’un plat que j’avais inventé, plus de deux ans auparavant pour le magazine CuisineP@ssion: un Quasi de veau en croûte de fruits secs, jambon Serrano et coriandre fraîche, servi avec des légumes oubliés au sel vanillé.
Comme, à l’époque, je n’avais pu évidemment publier la recette sur le blog, j’en profite pour le faire aujourd’hui: en route pour un plat un poil vintage mais toujours aussi bon!
Ingrédients pour 4 personnes:
Pour la pâte:
Pour la viande:
Pour l’accompagnement:
Marche à suivre:
Préparer d’abord la pâte brisée: mettre dans le bol du robot la farine et le beurre coupé en petits morceaux, mélanger jusqu’à l’obtention d’un mélange sablé, ajouter le sel, puis l’oeuf, un peu d’eau si nécessaire et former une boule avec la pâte et réserver une heure au frais, enroulée d’un film plastique.
Eplucher tous les légumes anciens et les couper en grosses frites. Les placer dans une cocotte en fonte, en les saupoudrant de gros sel vanillé, et les glisser au moins 40 minutes dans un four, préchauffé à 200°C, en les remuant régulièrement, sans les écraser. Ajouter, si nécessaire, un soupçon d’huile, à mi cuisson.
Pendant ce temps, couper la pâte brisée en 4 parts égales. étaler chaque morceau de pâte le plus finement possible, en forme de carré, réserver. Mixer grossièrement les noisettes entières, les abricots secs et le jambon sec, préalablement coupés en petits morceaux. Ajouter à ce mélange la coriandre fraîche coupée au couteau. Répartir cette pâte sur les carrés de pâte brisée, en laissant un centimètre de pâte non couverte, sur les bords. Découper le quasi de veau en 4 morceaux, et faire chauffer de belles noisettes de beurre dans une poêle antiadhésive. Faire revenir les morceaux de veau, chacun à leur tour et sur toutes les faces, pour qu’ils soient justes dorés, et les placer ensuite au centre du carré de pâte. Saler et poivrer généreusement la viande, et refermer la pâte, en formant un ballotin. Bien veiller à ce que la pâte soit soudée et qu’elle recouvre parfaitement la viande (humidifier les bords)
Placer chaque ballotin sur une plaque, couverte d’un papier sulfurisé, et cuire entre 8 et 12 minutes, à 200°C, selon la taille des morceaux de viande. La viande sera juste rosée.
Placer sur chaque assiette un ballotin, quelques frites de légumes oubliés, en montant une sorte d’échafaudage, si vous êtes patients, et servir aussitôt. Déguster immédiatement.
Bilan des courses:
[En grande star, je me permets de m'auto-citer partiellement, en reprenant une partie de ce que j'avais décrit pour le magazine!]
L’originalité de cette recette tient à la grande richesse des saveurs associées, qui en fait un plat ultra gourmand.
Tout d’abord, n’ayez crainte, l’abricot sec est très peu présent en bouche, on pourrait presque l’oublier, tant il sait se faire discret, contrebalancé par la saveur salée du jambon, et le caractère piquant et vert de la coriandre. Associé aux noisettes, sa présence apporte juste un peu de douceur et de générosité au quasi de veau, lequel reste, ainsi cuit emmailloté, parfaitement tendre.
Ensuite, à chaque bouchée, le voile de pâte brisée croustille sous la dent, tandis que la croûte de fruits secs se fait moelleuse et la viande fondante en bouche.
Enfin, les légumes oubliés, pour leur part juste mis en valeur par la fleur de sel vanillée, sont parfaitement rôtis, révélant ainsi leurs arômes: le topinambour et son petit goût d’artichaut, le panais et sa saveur légèrement poivrée et sucrée, la patate douce, plus suave, à mi-chemin entre la carotte et la pomme de terre, le rutabaga, proche d’un navet en texture mais plus savoureux et dynamique. En bref, un petit moment de bonheur gustatif!
[*photo vintage , cuvée janvier 2008 ]
Très contente de te relire et de savoir que tu tiens le bon bout, tu aperçois la lumière au bout du tunnel on dirait et même s’il reste quelques kilomètres à parcourir le plus dur est derrière toi. Bon courage pour cette dernière ligne droite.
bisous
OGM !!!!! je m’invite à ta table
contente de te lire la miss
bisous
OMG ! Te revoilà !
Quel courage quand même. Vas-y ma Turtle, c’est la dernière ligne droite ! (Sans vouloir te mettre la pression, toute la bretonnie compte sur toi ;oD )
elle est de retour!
bon courage pour la fin de ta thèse, et l’on espère te lire avec gourmandise un peu plus souvent en 2010, et poursuivre dans l’originalité de tes idées, comme en témoigne encore une fois cette recette!
A très vite
(Tiens, ça fonctionne en fait
)
J’ai une autre citation de Monsieur YSL pour toi, que je trouve bien adaptée à ton univers de mots, professionnel, blogueur ou celui nos échanges : « Les modes passent, le style est éternel. La mode est futile, le style pas. »
Merci aussi pour ce que je prends pour bien plus qu’un clin d’oeil
)
Contente de te (re)lire et de voir que tu tiens le bon bout ! 7 ans, quelle persévérance ! Toutes mes félicitations et compte sur moi pour revenir te féliciter lorsque tu nous annonceras… la FIN !!!!!
ça fait plusieurs fois que je passe par là…comme ça….pour voir….jolie surprise aujourd’hui….une ratatouille gâtée…et nous aussi par la même occasion. Courage, tu tiens le bon bout!!
Je te souhaite tout le courage et la volonté nécessaires pour arriver au bout; étant donné ce que tu as déjà traversé et enduré, je ne doute pas que tu y arriveras, comme tu le dis c’est désormais une question de jours ou de mois. Viendra ensuite le moment tant attendu du soulagement et des réconforts. Bonne route jusque là, tu y es presque!!!!
Bises.
Tu t’y remets, je m’y remets, ça me fait envie!
Encore un nouveau blog cette fois sur un thème assez proche de moi en ce moment (tu vas rire quand tu vas voir ce que c’est, je pense) mais toujours le même maître poulet (aka désormais Tchik)… Bon, trève de plaisanteries, ça m’a fait du bien notre petite session la semaine dernière mais depuis, je n’en fous plus une!!! Allez, courage, on tiens le bon bout, je vais essayer de me remotiver en mangeant de la petite friture la bisette
Tiens bon, cette fois tu y es presque!
Surtout n’en fais pas autant, tu nous manquerais.
Ici, pour ne plus sentir le petit pincement de culpabilité quand la porte du blog grinçait trop, on a choisi de partir en la laissant ouverte
Kat
… et tu sais quoi?.. On sera encore là dans trois mois
… Et dans 6, et encore après!… Tu ne vas pas nous semer comme ça Miss!!!… Allez, courage, tu vas tout casser !!!!! Bises bises
Et maintenant elle utilise des images footballistiques. C’est pas 2009 l’année du neuf: c’est 2010! Bisous!!
Ho la la tu as mon respect éternel moi qui peinais à arriver à la 80ème page de mon mémoire de master !
En tout cas, je pense que bon nombre d’entre nous auront lutté pour toi et ta thèse à travers ton blog ! Allez allez courage !!
Yeeessss !
Tu peux le faire ! Je suis sûre que le pot de thèse sera de toute beauté :->
ah ! ben non alors ! moi je l’ ai ce magazine , je voulais du nouveau !! lol
)
juste pour dire que moi je viens au moins une fois par semaine , au cas où…donc termine donc cette thèse à son juste temps , je garde la burette de côté pour la porte qui grince et même je suis prête à la repeindre ta porte tellement je serais heureuse de te relire …et de tester de nouvelles choses .
c’ est que tu as quand même manqué à mon réveillon cette année ! j’ ai été obligée de refaire le foie gras !
Ravie de vous retrouver et de vous lire.
Bonne chance.
Valérie
allez, courage…
je sens que la turtle,une fois que la thèse sera pliée, elle sera comme toute « nue »… ça fait si longtemps qu’elle t’accompagne partout!
Contente de retrouver tes petits mots à nouveau, et courage ! Dernière ligne droite
Je frémis rien qu’en lisant tes lignes sur ta thèse… Bravo pour le courage et la volonté qu’il t’a fallu, vraiment. Perso je n’en serais pas capable !
Courage pour la dernière ligne droite !
Visiblement, les gens comme moi qui cliquent sur leurs toujours favoris sont pas si rares que ça;-)
J’ai récemment bricolé un filet de bœuf en croûte absolutly catastrophique. Viendrai pomper la technique par ici dorénavant. Bravo.
Cette recette est extrêmement appétissante. Je ne manquerai pas de la tester rapidement. Super
Chouette la Turtle est de retour, courage la ténacité est très satisfaisante quand c’est fini !
J’adore ton blog, que je visite souvent depuis fort longtemps, mais c’est la première fois que j’écris un commentaire, parec que je tenais à t’envoyer des tonnes et des tonnes de courage pour cette dernière étape.
J’ai moi-même traversé cette épreuve, après les affres d’études universitaires, loooooogues et rudes, mais je n’ai jamais, de toute ma vie, été aussi fière de moi, aussi remplie de bonheur et de plénitude (je n’exagère pas, c’est vraiment le mot!) que lorsque j’ai eu terminé et réussi! ENFIN!
Des années de travail acharné, des heures d’étude, d’énormes sacrifices, l’envie, très souvent, de tout envoyer valser, les crises de larmes, les doutes, les épuisements physiques, mais, toujours, la rage qui reprenait le dessus et le sentiment, profond, inexplicable, mais intense, que oui, au bout du tunnel, je réussirais!
J’ai encore en tête l’image de ce sourire qui ne me lachait plus au jour de la consécration tant attendue, et de ce sentiment de légèreté extrême, probablement le plus beau jour de ma vie…
De tout coeur, et avec mes tripes, je t’envoie des tonnes de courage et d’ondes positives pour franchir la dernière ligne droite.
Bravo déjà, et surtout….casse-nous la baraque le jour J de la défense!
Une petite belge qui croise bien fort les doigts pour toi! On est tous avec toi turtle!
Ravie de te revoir même si ta recette n’est pas pour moi!
Ça me donne l’eau à la bouche
hum alors là, c’est une recette bien gourmande comme j’aime!
Che bello!
Sei tornata!
Non avevo mai perso la speranza e sono stata ripagata!
Adoro il tuo blog, la tua cucina, i tuoi racconti…. e adesso anche la tua costanza e il tuo coraggio!
Brava!
nasinasi
C’est vrai que ca a l’air ultra gourmand !
Chouette si tu reviens plus souvent ! et bravo pour ta thèse !
Amicalement
Isa-Marie
Moi j’adore ce site, depuis toujours! Alors, de temps en temps, j’espère une petite nouvelle, donc je continue de passer, écouter une chanson en me léchant les babines!
Merci et bonne continuation!
Welcome back, et surtout courage, comme l’a dit un commentaire ci-dessus, c’est la dernière ligne droite!
Avril mai juin : voilà trois autres mois de passés, c’est l’heure de bloguer!!
(ou se ressourcer par chez nous- quoi que je suis un peu loin de ton fief (à Rennes))
Une remarque, votre site heberge à votre insu, des liens cachés qui pointent vers du spam pour du viagra.
si vous éditez le code de la page vous verrez un blog de texte (qui est caché) (en fait affiché hors de tt écran) mais qui relaie un gros paquet de liens vers ce site
Il est positionné ici:
left: -3265px; position: absolute; top: -4542px;
Peut-être lié au thème gratuit que vous avez installé ou une autre astuce injectée dans votre code.
coucou
ça y est ça fait 3 mois…tu peux revenir faire un coucou !lol
bon, en attendant je vais réviser et bien trouver quelques recettes pas encore testée!
à bientôt
RAV
J’espère que l’on pourra bientôt voir de nouveau un peu de la Turtle…
Mais la vie prends souvent le dessus, les passe-temps changent parfois.
Que ton ciel soit beau…
Au plaisir de te relire.