Oui, je sais… Encore des semaines sans écrire. Non que l’envie de venir flâner quelques heures par ici ne m’ait titillée les neurones, plus d’une fois même, mais j’ai été raisonnable… concentration et abnégation obligent. Ma vie n’est plus qu’une suite palpitante de moments d’hésitations latentes alternant avec les grosses périodes de rushs. Et j’aime assez, finalement, les fulgurances que créent les secondes. J’ai toujours été meilleure dans l’action. La réflexion, m’enserrant dans un maximum de possibles, me donne le vertige. Alors que face au mur, ma foi, j’escalade, et prends même du plaisir à sentir les muscles qui tirent, la fatigue qui pointe, et le courage qui se défend, mordicus, contre les heures et les nuits blanches, pour arriver, coûte que coûte au bout du challenge que je me suis fixé. Ajoutez à cela que dans ces moments d’intenses activités, j’ai autour de moi une espèce de team de supporters, et me sens, telle Rocky, galvanisée par sa cohorte de fans, prête à mettre un crochet du droit à Baracuda, sans peur et sans douleurs, ou presque. Mais revenons-en à ce qui me ramène à vous aujourd’hui. Car oui, j’ai une bonne raison de venir sortir ce blog de sa torpeur. Il me faut vous parler du futur*.
The Future.
Thématique alléchante pour d’aucuns, sûrement la plupart, mais pour une petite Turtle passant son temps à rêvasser, autant me convier à parler des sinusoïdales ou de résoudre des équations à quinze inconnues. Car ceux qui me lisent le savent bien, mon créneau c’est le passé, voire le présent, à la rigueur ! Flirter avec le futur n’est clairement pas dans mes habitudes.
Certes, j’attends désespérément qu’on découvre la manière de se télé-transporter en quelques secondes d’un lieu à l’autre. ça simplifierait nettement mes envies d’aller plonger quelque doigt de pied frigorifié dans une certaine mer du nord (que je ne citerai pas… tout le monde l’aura reconnue). Je pourrais également aller traîner mes escarpins sur un coup de tête et les pavés parisiens, ou encore m’échapper quelques heures vers quelque pays inconnu. Non, il y aurait des avantages, indéniablement. Pour autant, je ne suis pas du style à guetter l’œil brillant d’excitation les prouesses technologiques à venir. J’aime largement quand ce futur devient présent et me permet de gagner quelque confort, ce petit plus de “praticité” que la technologie apporte. Mais de là à y penser… la porte de mon imagination se referme tranquillement, à moins que quelqu’un me force à persister. Alors comment parler de la cuisine de ce futur auquel je ne m’intéresse pas ?
L’avantage de ce thème, c’est qu’on peut aisément glisser du “comment cela sera” au “comment j’imagine que cela sera”. En tous les cas, je me suis autorisé ce léger glissement de sens, et je suis sûre que personne ne m’en voudra. Si j’avais dû véritablement me pencher sur la première problématique, il m’aurait certainement fallu vous vanter les mérites d’une cuisine toute en bulles, gaz, tubes et autres pastilles, censées exalter à l’infini la saveurs des produits. Mais d’une, je dois vous avouer que je me sens rarement l’âme d’une Hervé This, ou d’un Ferran Adria dans ma cuisine (de là à vous faire noter qu’ils sont d’ailleurs des hommes… il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas!), de deux, il m’a semblé qu‘il n’était pas nécessaire de plonger dans la chimie pour imaginer la cuisine du futur. Il suffisait deux secondes de se pencher par la fenêtre, en ce mois de novembre qui fleure bon le futur justement. Car, soyons clairs, des printemps à l’automne seront certainement monnaie courante, réchauffement de la planète et développement durable obligent. On se baladera tranquillement en bikini au mois de janvier et chaussera ses moufles en août. Et je n’en pensais pas moins, le week end dernier, cuisinant toutes fenêtres ouvertes, pour laisser entrer ce beau soleil juste couché un poil trop tôt pour me faire sérieusement penser qu’on allait de ce pas vers l’été (et là je dis… too bad!).
Il n’empêche que ce temps qui aurait de quoi sérieusement inquiéter les moins écervelés m’a mise sur la piste. Il m’a fait entrevoir une cuisine où tout se mêle, plus encore qu’aujourd’hui, les saisons, le chaud, le froid. Je l’ai rêvée un instant sans barrière, ni complexe, cette cuisine du futur. Accueillant toutes les cultures, faisant trôner à côté de la tradition le besoin d’exotisme, rivalisant d’ingéniosité pour galvaniser les saveurs dans un tourbillon de simplicité, sortant les produits de leur routine pour les exhorter à suivre de nouvelles destinées, celles où le sucre et le sel se donnent la main pour cheminer sur les précipices tortueux d’une envie. Ainsi, chemin faisant, mon imagination s’est emballée.
Alors, récapitulons un peu… Réchauffement planétaire, globalisation et mondialisation lancés au galop, ouverture, pluralisme, et proximité -virtuelle ou réelle- placés en fers de lance, que restera-t-il dans nos assiettes?
Du panais, ma bonne dame! Et oui, car comment mieux lutter contre les déracinements qu’avec des légumes racines? Comment mieux écrire une recette du futur qu’avec un légume du passé? Et -le meilleur pour la fin- l’est panais celui qui verra la cuisine du futur!
Bon, alors pour ceux qui ne le sauraient pas encore, ou qui l’auraient oublié (oh oh!), le panais est ce drôle de légume racine que je trouve absolument parfait en accompagnement de viandes assez fortes en bouche, telles l’agneau, ou encore le magret de canard. En cuisant, il devient très moelleux, et s’avère parfait pour réaliser un velouté, car il est assez dense, proche en cela de la patate douce, mais en nettement moins sucré.
Comme j’avais eu donc l’idée trop marrante (le premier qui moufte, je tape!) de cuisiner ce légume ancien pour ma recette du futur, ne me restait plus qu’à le mettre en scène sur fond de catastrophe nucléaire, de pandas disparus de la planète, de bikinis hivernaux et d’associations improbables. Easy, for me, isn’t it?
Et un Velouté crémeux de panais doré sous micmac de coppa grillée à la mangue et au basilic, un !
En route Marcel (car, dans le futur, Marcel sera furieusement tendance, oui, oui!)
Ingrédients pour 2 personnes:
Marche à suivre:
Bilan des courses:
Cette association est aussi étonnante que je m’y attendais et parfaitement heureuse, de mon point de vue (ayant réalisé cette dernière en catimini, je n’ai pu la tester sur d’autres palais… mais n’y manquerai pas, croyez moi!). Alors, comment ça fonctionne?
Il y a tout d’abord la pétulance de la mangue, si parfaitement alliée à la coppa qui ramène tout ce petit monde sur la voie de la terre, avec sa force de charcuterie bien poivrée et salée. Il y a ensuite la douceur crémeuse du panais, qui laisse en bouche cette petite note si particulière, cette saveur à la fois très légèrement sucrée, avec comme un brin de coriandre, en arrière bouche, cette petite note exotique qui rend ce légume ancien si unique, et que certains comparent à une note de banane, ou au navet, avec un petit goût de noisette (mais, à la réflexion, je ne suis pas sûre que l’une ou l’autre de ces comparaisons lui conviennent parfaitement… il faut tester je crois, tout simplement!). Il y a enfin la note herbacée du basilic, soulignant la subtile acidité de la manque et celle, toute en force, du poivre long qui dynamise le tout.
Honnêtement, je suis si contente de cette petite entrée (qui pourrait d’ailleurs aussi être servie en plat principal, pour un repas léger du soir, ou en augmentant quelque peu les proportions) que je compte bien la resservir pour les fêtes! Sans compter qu’on pourrait très bien imaginer troquer la coppa contre quelques tranches de magret fumé maison, ou pourquoi pas, quelques copeaux de foie gras!
*Je ne peux terminer ce billet sans vous avouer que cette histoire de futur m’a été soufflée à l’oreille par l’équipe de Philips qui m’a conviée, avec quelques bloggeurs amis (Véro, Auntie Jo, Dame Papilles, Dorian, entre autres) à inventer une recette, après avoir découvert les cinq produits de leur nouvelle gamme Robust (ayant tous pour caractéristique d’avoir ce petit “plus” malin qui simplifie la vie des cuisto, comme un mixeur sans fil qui me permet dorénavant de préparer mon velouté dans ma salle de bain ou sur mon canapé si ça m’éclate !), au cours d’une soirée de dégustation, passée à rire comme des bossus au 104, à Paris.
En dépit de notre attitude franchement peu sérieuse et notre art de la boutade, le chef L. Trochin a réussi à nous y concocter en deux temps trois mouvements sa cuisine du futur, toute fondée sur la simplicité et les associations étonnantes, comme ses ravioles de jus de pomme accompagnant morue fumée, saumon cru ou anguille fumée, ou encore son bonbon d’oeuf dur au basilic et cresson, associé à de fines lamelles de jambon de bœuf, tout bonnement bluffant ! C’est d’ailleurs à lui que je dédicace cette recette de rien du tout, pour le remercier de m’avoir rappelé qu’ “il n’y a de nouveau que ce qui a été oublié”, et sans oublier de remercier tout particulièrement Emmanuelle pour son accueil!
Si ça vous amuse, voici un lien pour découvrir quelques instants de cette belle soirée qui a donné très envie à votre petite Turtle de se lancer dans de nouvelles aventures, et de retenter, comme jadis, les associations étonnantes…
Oui, à n’en pas douter, il y aura encore de belles histoires à écrire… dans le futur!
Edit du 1er janvier 2010: J’ai gagné le concours!! Un immense merci à l’équipe Philips! Je suis tout simplement aux anges!
hum tout ca a l’aire delicieu
a dehguster dans un furur proche..tres proche même!!!
Je me demandais bien où tu allais en venir, en tout cas je vais essayer.
ah toi aussi, je dois dire que j’essaie de transplaner (dixit harry potter) mais je n’arrive tjrs pas…pourtant, qu’est ce que cela serait utile! Content de te relire miss turtle! bonne dernière ligne droite avant la fin de l’année, biz
“comment mieux lutter contre les déracinements qu’avec des légumes racines” : Tu deviens aussi grave que moi dans le saugrenu!
Sinon, je verrais bien larecette avec de la patate douce à la place de la mangue, et de l’agneau à la place de la coppa… lorsque tu tiens un thème, tu l’exploites à fond! Bisous.
Tu es venue à Paris sans me le dire ? On aura d’autres occasions… J’aime beaucoup ta vision de la cuisine du futur. Quand je pense que lorsque j’étais enfant, tout le monde disait qu’en l’an 2000, on se nourrirait que de gélules. Bisous !
Ben il est très bien ton papier! :p
Je ne sais si je pourrai me faire un jour à ce que j’imagine pour l’instant “être la cuisine du futur” … J’ai un peu de mal avec la course à la nouveauté, en matière de saveurs … Je tente, je goûte … et je reviens aux valeurs anciennes … Alors le panais, ça me va bien, tu sais ! ;o)))
Allez, je pars bosser, pour changer un peu.
Grosses bises et à bientôt
Hélène
Je n’apprécie pas du tout le panais alors je reviendrai plus tard. BISES
La cuisine du futur…j’espère qu’elle ressemblera à celle que j’ai connue plus jeune en Auvergne dans la ferme de mes grands-parents. Je n’ai jamais été une fille à la mode…
Merci pour cette entrée. Le panais doit bien s’accorder avec la mangue. Bon courage pour cette année charnière.
C’est toujours aussi beau et bon ici ! je garde l’idée !
J’aime beaucoup la “pétulance” de la mangue et attends avec impatience les belles histoires que tu écriras… dans le futur.
Super je cherchais justement une façon de cuisiner mon panais (légumes dont je raffole sauté au beurre) autrement la voila toute trouvée !
Audacieux mais très intéressant mariage, panais/mangue, rencontre du IIIème type ?
Panais va bien aussi dans les pâtisserie (ainsi mangée par l’une des 2 minettes qui ne l’aime pas)
Le panais reste encore un parfait inconnu pour moi peut-être pas pour longtemps vu comment ta petite recette me titille déjjà les papilles!
Bises
auguri carissima amica sconoscita!
Auguri sinceri da chi ti vuole molto bene!
nasinasi
Bonne année 2010. Bises
Un de ces légumes que l’on dit “oubliés” … et pour tant, tu lui offres ici un avenir des plus radieux ! J’ai hâte de te suivre …
J’aime sans restriction le panais ( je le cuisine aussi en tarte version sucrée )le mariage mangue et coppa me tente également beaucoup …
Bonne et heureuse nouvelle année !
Sacha
Ca faisait un bout de temps que je n’étais pas venue flâner sur tes pages, et je retrouve avec délice tes mots, et cette jolie recette très prometteuse…