Ce soir, je suis là, tranquillement assise devant mon ordinateur, à savourer une délicieuse et simplissime petite soupe de carottes, à peine rehaussée par quelques grains de cardamome et une pincée de curry, avec cette impression, rare ces derniers temps, de me poser enfin. Tandis que je me fais la réflexion qu’elle est bien onctueuse, cette petite soupe aux accents de velouté avec la note ronde du kiri ajouté à la dernière minute dans un soupçon de gourmandise, je consulte nonchalamment la panoplie des photos prises ces dernières semaines, voire ces derniers mois, de mes petites réalisations culinaires. Pas de doute, deux vérités aussi évidentes que banales s’imposent : Primo, je ne pense jamais -ou presque-, à photographier le salé. Et pourtant, c’est bien ce que je cuisine le plus souvent, à tout le moins, aussi souvent que le sucré. Secundo, allez savoir pourquoi, lorsqu’enfin je dégaine l’appareil pour le salé, c’est souvent pour prendre des photos à la va-vite, qui ne me donnent aucune envie de les publier.
Non, définitivement, ce soir, rien n’y fait. Je n’ai aucune envie de récupérer une “vieille” recette salée oubliée depuis trop longtemps dans l’archive “cuisine” qui figure dorénavant dans le fichier “images” de mon ordinateur (si je précise ces détails hautement inintéressants de prime abord, c’est qu’il faut que je vous confesse que, jusqu’à il y a peu, je ne soupçonnais même pas qu’il était possible de créer des dossiers pratiques et bien rangés sur un pc. Instinctivement, je pensais qu’anarchie rimait avec le concept même d’ordinateur… Bien m’a pris de rencontrer quelqu’un apte à me démontrer les bienfaits d’un peu de rangement virtuel…!).
Et, autant vous le dire illico, dans mes bonnes résolutions 2009 ne figure certainement pas l’option “faire des choses à contrecoeur”, quelles qu’elles soient d’ailleurs. 2008 a déjà comporté son large lot de contraintes, et me voilà bien décidée à ne pas re-signer pour pareille destinée. Oh, bien sûr, je ne suis pas née du dernier orage, et je sais bien qu’il y en aura. J’en vois déjà certaines poindre. Mais j’ai décidé de changer d’état d’esprit à leur égard.
Avec les derniers mois passés à réfléchir plus que de coutume au sens de ma modeste, mais néanmoins assez longue, le temps faisant (héhé), petite vie… je me dis qu’il est temps de la prendre dans le bon sens. Pour être plus précise, de remettre les choses dans le bon ordre en son sein. A commencer par le wagon des bonnes résolutions de l’année, donc, qu’il ne s’agit pas -pour une fois- de charger comme une mule, ne lui donnant aucune chance de passer le premier virage de l’année. Du coup, cette fois, mes résolutions -nécessairement bonnes, puisque miennes- tiennent en peu de choses.
La première est sans l’ombre d’un doute de prendre soin de moi, et plus particulièrement de mon corps, en lui octroyant davantage de sommeil (fini les nuits passées à réfléchir, fini, fini!!), d’exercice (oui, oui, vous avez bien lu, amis sceptiques, et sachez pour votre gouverne que, dès le 1er janvier, je mettais en œuvre cette bonne résolution en me lançant dans un petit footing au saut du lit, sur la plage découverte par la marée de mon paradis breton, sous un soleil roi… moment magique s’il en fût!), et en le ménageant. Pour m’être un peu trop aperçue en fin d’année dernière que je m’étais un peu usée la carapace à trop brinqueballer dans tous les sens et à vouloir vivre trois vies au lieu d’une, j’ai décidé d’apprendre à mieux doser, et à me recentrer sur ce qui compte vraiment, en octroyant à chaque chose la part qu’elle mérite de mon emploi du temps.
La seconde est d’arrêter définitivement cette attitude -typiquement féminine? -consistant à considérer que l’angoisse d’aujourd’hui empêchera l’éventuelle vautre de demain! Quoi? Vous ne connaissez pas encore ce précept indo-pakista-turtlien? Si, si, je suis sûre que si!
Il s’agit de cette attitude -que je suis bien persuadée de n’être pas la seule à cultiver et ce, inutile de préciser, bien malgré moi- qui consiste, lorsque rien de catastrophique n’est -encore- arrivé, à anticiper un éventuel problème, espérant ainsi s’en prémunir à grands coups de “mon dieu, mon dieu, ça va être la cata!” auquel, en général on ajoute souvent, il faut bien l’avouer, un “m’enfin, Robert -ou Georges, ou Pierre, selon - comment ne comprends-tu pas que ça va être la cata, fais quelque chose, bon sang!” … Ainsi cède-t-on très aisément à l’envie insécurisante au possible, d’ailleurs, d’anticiper le pire, quitte à 1) stresser comme une dératée, 2) Pourrir accessoirement la vie de Robert, Pierre ou Georges ! Raison pour laquelle je poursuis en 2009 ma quête du “Tu ne stresseras plus aujourd’hui pour éviter la vautre de demain, et, ainsi, -cerise sur le gâteau de ma toute nouvelle “super positive attitude“- vautre il n’y aura certainement pas” -et, au pire des pires, Georges, Pierre ou Robert seront là pour amortir la chute, ce qui ne sera certainement pas le cas si l’on continue… à anticiper bêtement!
La troisième… est d’apprendre à ne pas toujours penser qu’à plaisir simple, risque existentiel. (Attention, on passe au stade 2 de la compétition…). Alors ce coup-ci, l’idée est la suivante: allez savoir pourquoi, depuis que je suis haute comme trois pommes, je suis intimement persuadée que lorsqu’on veut être heureux, il faut commencer par en payer le prix. A ce concept déjà fort intéressant, d’un point de vue psychologique, s’ajoute la formule corollaire : s’il t’arrive des broutilles, c’est que tu l’as -sûrement- cherché! (En y pensant bien, je me dis que certainement, l’Esprit Saint et l’Eglise catholique ne sont pas exempts de toute responsabilité dans cette histoire… à croire qu’à l’époque où je suivais assidûment le cathé tous les mercredis matins… je n’ai pas -bizarrement !-été autant marquée par le principe du pardon du Christ-Notre Seigneur, que par la peur du châtiment divin et de l’Apocalypse,! … mais revenons un peu à nos moutons…). Il s’agit donc de contrarier d’un coup d’un seul la double formule par une seule et même nouvelle formule: Si t’es heureux, profite!!
Bon, allez, bien que morte de rire en pensant que je pourrais continuer un long moment mes élucubrations, je vais les arrêter là, tandis que ma cuillère à souple racle déjà les bords de mon bol. Oui, toutes les bonnes choses ont une fin (et non pas une faim comme j’allais l’écrire, en bonne food-addict que je suis!), et point trop n’en faut, serons mes conclusions pour cette petite liste de bonnes résolutions 2009 !
A présent, parlons un peu de ce qui vous amène… cette petite recette sucrée que j’évoquais implicitement au début (si, si, relisez, vous verrez les indices subtilement distillés dans mon texte!). Maintenant que vous avez vaillamment affronté ce vrai billet de début d’année sans queue ni tête, je vais vous avouer que je l’avais sélectionnée dès l’ouverture de la page blanche de ce billet. Oui, mais si je vous l’avais confessé tout de suite… vous n’auriez pas compris l’impact de cette petite recette, qui aurait même pu vous sembler banale… Et là, pour le coup, nous aurions frisé la catastrophe! Car oui, ce billet, très cher(e) ami(e) lecteur(rice)… il s’agit d’un de ceux qu’il ne faut pas négliger. De ces petites recettes sans froufrou, qui pourtant chatouille le palais, caresse la glotte et titille tes souvenirs. Oui, cette recette, c’est à n’en pas douter celle des Fabuleux Sablés ultrafondants parfumés aux zestes de citron, gingembre confit, et cardamome … qui font renoncer directement toutes celles et ceux qui -ô combien bêtement!-, ont pensé une seconde qu’ils deviendraient 1) moins gourmands 2) plus raisonnables 3) les deux, à leurs bonnes résolutions!
Ingrédients (pour des sablés à 8000 calories la part… mais quand on aime… on ne compte pas!)
Marche à suivre (uniquement si l’on a un bac plus 3 en pâtisserie japonaise… non, je plaisante)
Bilan des courses:
Alors, que vous en dire, maintenant? Tout d’abord que ces sablés m’ont trotté dans la tête depuis que j’avais dégusté à Londres de fabuleux sablés au gingembre couverts de chocolat noir… (dont cette chère Guillemette, à qui j’avais ramené quelques exemplaires sauvés in extremis de ma gourmandise légendaire, a illico proposé une version on ne peut plus gourmande ).
C’est à cet instant précis que vous devez vous écrier : “mais elle se moque de nous! Où est le chocolat?” Et bien oui… le jour où j’ai finalement craqué, point de chocolat dans mon placard magique, et définitivement, il me fallait un peu de douceur. Ni une, ni deux, j’ai craqué.
Bien sûr, il m’a fallu innover pour obtenir quelque chose de bon, sans la fameuse couverture au chocolat… D’où l’idée des zestes de citron, et de l’ajout de cardamome. Et bien ce fût une sacrément bonne idée! Car oui, sans être identiques, bien sûr, à ceux dégustés à London… ils étaient délicieux. Fondants en bouche car fins comme des tuiles délicates, ils révélaient un centre moelleux, contrastant avec les bords croustillants.
L’acidité du citron, mariée à la pétulance du gingembre confit très sucré, contrebalancé lui-même par les cristaux de sel du beurre, et dynamisé enfin par la saveur un brin piquante et presque poivrée de la cardamome, ont fait de la dégustation de ces sablés un voyage des sens auquel ne manquait rien… si ce n’est peut être un voile de chocolat au lait? A voir…!
Bon pour les bonnes résolutions il y a bien longtemps que je n’en prends plus, sachant très bien qu’on ne les tient jamais, mais j’aime bien les tiennes, pour la première davantage de sommeil, je suis d’accord encore faudrait-il ne pas être insomniaque, prendre soin de soi, c’est indispensable, surtout avec les années qui passent à la vitesse grand V, mais je vois qu’il y a une résolution que tu n’as pas prise, c’est celle de ne plus être gourmande, et ça, c’est une très bonne chose, ainsi nous pourrons continuer à nous régaler de tes belles idées de recettes!
C’est bon de te relire… moi, je ne prends plus aucune résolution depuis longtemps… la vie va, comme elle veut et parfois comme je veux. J’essaie de saisir le bonheur quand il se présente et de fermer les yeux sur le reste en tournant la page le plus vite possible.
ceci dit tes résolutions à gtoi me semblent bien belles, tiens-les pour ton plaisir et le notre.
je t’embrasse.
Tu as pris des résolutions très raisonnables, il va falloir tenir petite turtle, sinon tes sablés me mettent l’eau à la bouche…
prendre soin de soi…voila ce qui est important comme tu le dis si bien…on aurait presque tendance à l’oublier! Et pourtant! En tout cas, tu te fais du bien avec cette recette! biz
Ah ben moi qui ai renoncé à prendre des résolutions d’aucune sorte pour cette nouvelle année, je me dis que je pourrais bien adopter les tiennes… Elles me semblent fort sages et raisonnables! ^^
avec ces trois parfums qui font frémir mes papilles, ces sablés vont vite entre enfournés et dégustés par chez moi! très jolie façon d’aborder cette nouvelle année, de manière très sage…
Excellentes résolutions!
Tu devrais aussi ajouter (pardonne-moi de cette intrusion totalement déplacée) “viens à Paris quand Peggy est à Paris” ou alors (je suis sympa, tu as le choix) “viens à Rome quand Peggy est à Rome”. Baci!
Je suis tombée sur ton blog, un jour, en suivant un lien. Je suis revenue parce que outre tes recettes, j’ai aimé ta façon d’écrire. Certaines choses nous rapprochent (Lyon, la Bretagne, la thèse) aussi. J’ai souvent testé tes recettes et je t’ai suivi après ton déménagement. Pour une fois, je prends la parole pour te souhaiter tous mes vœux et bon courage pour tes résolutions.
Avec l’alliance citron, gingembre, cardamome, je ne peux que craquer, ce sont des ingrédients très utilisés chez moi. Je sens que ces petits sablés vont bientôt remplir ma boîte à biscuits.
Si tu savais combien ton syndrome “angoisse-anticipatrice” fait écho chez ma pov’personne qui réinvente les dictons genre:”attention après le beau temps la pluie!”…Tu ne serais plus étonnée qu’on se comprenne souvent à demi mot;) Toujours est-il que je te suis volontiers dans tes résolutions!! D’ailleurs j’en ai une autre: inviter tite turtle pour qu’elle dégaine sa krampouz!!..ou “cramouille” comme j’ai pu dire à Guillemette…;)!
Tu te recentres sur l’essentiel, c’est exactement comme cela qu’il faut penser sa vie. Un peu de philosophie, que diable ! Donc, l’essentiel en 2009, pour toi, ce sera ?… Cardamome, gingembre… Ah !… Bon… Nan, nan, tout va bien, c’est juste que… le gingembre… ça donne tout de suite le ton pour l’année ! ;o)
aucune bonne résolution pour moi, pas de stress ni angoisse du tout dans ma vie personnelle, un peu dans la vie professionnelle car je gère de gros budgets. Je fais partie des gens qui prennent la vie comme elle vient sans chercher à la compliquer ou à chercher à l’améliorer en vain, et finalement ça se passe bien. j’ai renoncé à faire les choses par obligation et je m’en porte mieux. C’est pas toujours terrible pour les relations sociales…j’espère que tu tiendras les tiennes. Bonne année gourmande à toi
CEs sablés ont l’air superbes… Le mariage des saveurs doit être particulièrement réussi… Si c’est ça prendre soin de son corps, je te suis sans problème !
J’ai le remède qu’il te faut : un verre de Carpe Diem par jour…mais il faut venir en Allemagne pour trouver cet elixir
Puisses-tu les tenir ces résolutions, et passé une année 2009 dans le bonheur parfait !
Toujours un plaisir de te lire. Tu as raison, prends soin de toi. Je vois que l’on a des résolutions en commun pour 2009 ! tes sablés ont une jolie couleur, j’imagine qu’ils sont délicieux ! bises
Que de sages résolutions, tu m’impressionne ! Je travaille très fort en ce moment ta troisième résolution ! Ha culpabilité judéo-chrétienne quand tu nous tiens !!
Hé tu crois que si je rajoute un petit enrobage chocolat à tes sablés si tentant, ça le fait ?!
(Et pour la cardamome, je crois qu’on dit capsule, mais à vérifier aussi !)
oups pour les bonnes resolutions (on devrait plutot en prendre de mauvaises cela amrcherait mieux je suis sure…) c’est comme les montres elles ne font plus partie de ma vie mais je veux bien partager la mienne ( de vie) avec ces beaux sables..
bisous ma belle…et que le vent te porte …
Bravo pour tes sablés! Magnifiques, j’adore le gingembre et le citron donc tout pour me plaire!
J’ai suivi l’an dernier à Lyon (à Rillieux) des ateliers de gestion du stress, plein de conseils hyper simples et je me souviens de l’un d’entre eux qui (avec plusieurs autres) a participé à changer ma vie : pourquoi se faire du souci aujourd’hui pour quelque chose qui n’arrivera sans doute jamais ?
Ca rejoint tes bonnes résolutions je crois..
Bisous
Cath
Bon, j’ai tout bien lu … Le bilan que j’en fais, c’est quoi ? ?? Eh bien que définitivement, j’entamerai mon année avec zéro bonne résolution mais avec une boîte de tes petits sablés … trempés dans un grand saladier de crème au chocolat … La vie sera douce, douce, douce … et c’est tout ce qui m’importe, cette année ! ;o))
Bisous
Hélène
j’ai relevé une petite coquille dans ton texte qui m’a fait sourire : “…ma cuillère à souple râcle déjà le bord de mon bol…”
C’est tout mignon, comme ton inconscient qui prend déjà de l’avance sur tes bonnes résolutions, pas de doutes tu es bien partie !
Au delà de ça je te souhaite plein de réalisations (culinaires, artistiques, persos, pro, amouro-sentimento-rigolo…) pour cette année 2009. et tes sablés me tentent…
Aucune bonnes résolutions chez moi il y a longtemps que j’ai renoncé, fatalisme je ne sais pas mais dans tous les cas quel plaisir de te lire et au passage de plonger ma main dans ta boite à biscuits
Bises
C’est toujours aussi agréable de lire vos réactions enthousiastes, vos avis sur la question ô combien intéressante des bonnes résolutions
C’est d’autant plus intéressant et agréable que les écrire c’est d’ores et déjà les oublier, et ça, les plus intelligents l’auront bien compris! Malgré tout… je me demande si je ne vais pas ajouter quelques unes des propositions faites par certains… Le coup du carpe Diem, Par exemple et … au hasard!
Merci à tous, donc!
Une recette sucrée et piquante… Une année 2009 qui sera donc douce et pétillante à la fois… Quelle bonne résolution !
Tu commences bien cette année 2009 avec ces petits sablés parfumés. Oui, prendre soin de toi et profite pleinement des petits bonheurs.
Bises
Hélène
Humm, du citron et de la cardamome je dis oui … le gingembre … bein je pourrai peut-être le remplacer par du citron confit
Ils m’ont tout à fait l’air délicieux ! je t’en pique un au passage.